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Découvrir la Thaïlande La Thailande et sa culture, ses coutumes et son histoire. Bonnes adresses, lieux a visiter, questions pratiques, actualites et liens.
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Lek Issan V.I.P.

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Joined: 10 Jan 2008 Posts: 313
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Posted: 02/05/2008 04:58:48 Post subject: Temple de Preah Vihear |
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Temple de Preah Vihear : les nouveaux pèlerins du patriotisme khmer
Par Chheang Bopha
11-04-2008
Dans l'attente d'être classé au rang de patrimoine mondial par l'Unesco, le temple de Preah Vihear continue d'alimenter tensions et passions des deux cotés de la frontière. Les Thaïlandais, les plus nombreux à se rendre sur le site, depuis chez eux, s'y promènent en simples visiteurs, prenant soin d'éviter la question de l'appartenance de l'édifice multiséculaire ; les Cambodgiens s'y affichent en fervents patriotes, formulant des prières pour qu'en juin l'enregistrement sur l'auguste liste devienne réalité.
La route de latérite rouge, en bon état, vient mourir au pied du promontoire de la chaîne des Dangrek au sommet duquel se dressent fièrement les vestiges majestueux du temple longtemps disputé par les deux royaumes. Un chemin à forte densité caillouteuse prend la relève, qui mène au site où un panneau de l'agence de déminage CMAC accueille le visiteur et le dissuade de s'écarter des sentiers battus. On comprend pourquoi l'accès par la Thaïlande est le plus prisé...
Dès potron-minet, quelques silhouettes se hissent en haut de la falaise, s'interrompant par intervalles dans leur marche pour reprendre leur souffle. Des bonzes, qui une fois arrivés, contournent la porte d'entrée du temple, à moitié écroulée, qu'un fil rouge de sécurité encercle. Les religieux connaissent le chemin, disparaissant à l'arrière du temple d'où leurs prières s'envolent dans une douce mélopée.
Les Khmers sur le front
Avec le retour de la polémique sur la “nationalité” de ce site sacré, les Cambodgiens ont repris le chemin du temple de Preah Vihear. Kong Vandy, une Phnompenhoise, a fait le voyage avec sa famille. Ce n'est pas le premier. Devant les fresques figurant des dieux, elle implore la bonté de ces divinités pour que le temple soit reconnu comme Cambodgien. “Ce temple a été construit par nos ancêtres. Aucun pays ne peut nous le réclamer !”, glisse-t-elle d'une voix feutrée, s'arrachant à ses méditations.
Le vénérable Khan Yun, venu s'installer en 2003 au pied de ce décor majestueux qui domine de quelque 500 mètres la plaine cambodgienne, dit observer la fibre patriotique qui anime désormais ceux de ses compatriotes qui convergent vers ce lieu hautement symbolique. “Ils viennent prier pour que le temple reste dans le giron cambodgien, je les entends. C'est normal, on ne veut pas être dépossédé de notre temple !”
Un pèlerinage
Mais l'avenir du temple n'est pas la seule préoccupation de ces bouddhistes. Spéculateurs fonciers et commerçants se pressent sur le site pour s'assurer à coups d'offrandes et de baguettes d'encens de la bonne marche de leurs affaires. Tous les vœux y passent.
“Un couple désireux d'avoir un enfant est venu se recueillir ici et je les ai revus plus tard au temple, qui remerciaient les esprits d'avoir accédé à leur requête...”, rapporte l'achar Sok, qui du haut de ses 75 ans incarne depuis un an le gardien des génies du lieu.
Des Thaïs en pagaille
Le week-end, dès 8 heures du matin, s'aperçoit une longue procession de Thaïlandais s'acheminant depuis leur territoire vers cette succession de sanctuaires reliés entre eux par un système de chaussées et d'escaliers. Ils sont près de 200 chaque fin de semaine à prendre d'assaut ce coin reculé, accolé à leur frontière. L'entrée sur le site leur est facturée 50 bahts (1,5 dollars) contre 10 dollars pour les étrangers. Ils s'y rendent le plus souvent en famille.
Sam Chay, un guide thaïlandais, avoue omettre de préciser auprès de ses clients à qui appartient le temple. “Il est encore un peu tôt pour le dire… Et je n'ai jamais lu dans les livres d'histoire ni vu sur les cartes que ce temple était propriété du Cambodge”, se défausse-t-il, avant de faire la leçon : “Si ce temple relève du territoire cambodgien, alors il faudrait qu'ils le restaurent ! Il m'est difficile d'y faire venir des touristes car tout est en ruines, et certains endroits sont dangereux”.
Susceptibilités à ménager
Ros Heng, responsable du poste-frontière de Preah Vihear depuis 2007, raconte qu'un mois après sa prise de fonctions les autorités thaïlandaises ont décidé de fermer leur porte une semaine durant en signe de mécontentement. L'accès au temple avait été refusé à leurs militaires. “On ne laisse pas entrer des soldats en uniforme sur un site touristique, s'offusque le responsable. Leur présence pourrait effrayer les touristes. S'ils souhaitent visiter le temple, qu'ils le fassent en tenue civile !” Sur un ton narquois, il ajoute : “Porte ouverte, porte fermée… Les Thaïlandais font comme ils veulent, cela ne nous inquiète pas. On peut toujours avoir des touristes !”
Revenu à plus de bon sens, Ros Heng reconnaît que l'accès au temple côté cambodgien est difficile, et que les touristes khmers ne font pas le poids numérique à côté des touristes thaïlandais. Un projet de développement de la zone est cependant sur les rails, qui relève des missions attribuées à la toute nouvelle Autorité nationale de Preah Vihear.
“Il faudrait commencer par une grande séance de nettoyage du site. Les Cambodgiens reconnaîtraient alors la valeur de cet héritage !”, propose la Phnompenhoise Vandy. Si le site est classé par l'Unesco, il est à espérer que de véritables travaux de mise en valeur seront alors engagés.
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Le bien né Chong Kaosou ?
Son vrai nom est Bun Yaline mais ici tout le monde l'appelle Chong Kaosou, ce qui signifie littéralement “au bout du bitume”. C'est que Yaline est né il y a tout juste deux mois à la frontière khméro-thaïlandaise. Touch Nathalie, sa mère, sentant les contractions se faire plus pressantes, alla voir le gardien du poste-frontière thaïlandais pour lui demander de passer dans son pays accoucher entre de bonnes mains. “C'était en pleine nuit mais il n'en a eu cure. Il m'a dit que 'jamais' il ne me laisserait passer ! C'était par pure vengeance car le jour même, le côté cambodgien avait refusé à des militaires thaïlandais l'accès au temple”, se souvient la jeune mère, qui dût donner naissance à son fils seule, sous le clair de lune, au bout de la belle route thaïlandaise goudronnée qui mène au poste-frontière. Yaline a aujourd'hui deux mois et est déjà lié à une lourde promesse. “Il est né avec difficulté sur le territoire thaïlandais. Quand il sera grand, il devra récupérer ce sol qui est le nôtre !”, prophétise sa mère avec grand sérieux.
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D'autres vestiges...
“C'est mille riels, monsieur!”, réclame une vendeuse de tee-shirts installée près du temple de Preah Vihear. L'homme qui n'a encore fait aucun achat hésite, puis s'enquiert auprès de la commerçante de la raison de cette demande. Celle-ci se contente de pointer du doigt les toilettes dont il vient de sortir. Et pour mieux le convaincre de payer, elle ajoute : “L'eau est chère ici !” L'homme proteste, arguant qu'il n'a pas utilisé d'eau. La vendeuse hausse alors la voix et se lance dans une diatribe que seuls les mille riels pourraient arrêter. Par peur du scandale, l'homme s'exécute à contrecoeur. Trois WC, voici les seuls vestiges des infrastructures construites par les Thaïlandais du temps où ils géraient le site que les Cambodgiens ont accepté de conserver... Tout le reste a été détruit pour effacer toute trace de leur passage.
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Un peu d'histoire
Construit entre le IXe et le XIIe siècle, le temple de Preah Vihear a été occupé de 1949 à 1952 par la Thaïlande. Le 15 juin 1962, la Cour internationale de justice de La Haye décidait dans un arrêt que le temple relevait de la souveraineté cambodgienne. Dès 2001, le Cambodge a déposé une demande de classement sur la liste du patrimoine de l'humanité auprès de l'Unesco. En 2007, le temple a été reconnu comme répondant aux critères universels, mais il a été demandé aux autorités cambodgiennes de rédiger “un rapport d'étapes qui explique en détail comment elles géreront le site”, rappelle Philippe Delanghe, chef de l'unité culture au bureau cambodgien de l'Unesco. Un rapport qui a été remis fin janvier au Centre du patrimoine mondial. Avant le 15 mai, des réponses aux commentaires formulées par le Centre doivent être apportées. La décision sur le classement de Preah Vihear sera rendue le 4 ou 5 juillet 2008 à Québec (Canada).
Par Chheang Bopha
11-04-2008 |
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Lek Issan V.I.P.

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Joined: 10 Jan 2008 Posts: 313
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Posted: 02/05/2008 04:59:44 Post subject: Temple de Preah Vihear |
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Temple de Preah Vihear : des villageois cambodgiens sur la ligne de front
Appelées à jouer le rôle de rempart contre d'éventuels empiètements par le royaume thaïlandais, des centaines de familles cambodgiennes sont venues s'installer au pied du temple de Preah Vihear, dans le nord-ouest du Cambodge, à quelques encablures de la frontière khméro-thaïlandaises. Ironie du sort, la survie de cette population dépend presque entièrement du pays voisin. Vivant dans la peur de fermetures intempestives du poste-frontière, elles refusent cependant de plier bagages.
Ils viennent des quatre coins du pays et se sont improvisés vendeurs de souvenirs ou encore portefaix traversant plusieurs fois par jour la frontière. Depuis l'an 2000, plus de 300 familles cambodgiennes ont ainsi répondu à l'appel de l'ancien gouverneur de Phnom Penh, Chea Sophara, qui avait en tête de développer cette zone frontalière isolée, dangereusement convoitée par le voisin. Un projet interrompu avec les émeutes antithaïlandaises de janvier 2003 qui s'étaient conclu par la mise à sac de l'ambassade thaïlandaise.
Un village fantôme ?
Le village né de ces arrivées successives n'a jamais été enregistré par le ministère de l'Intérieur. Certains de ses habitants se sont vu interdire des projets d'extension ou de construction de maisons. Ceux-ci ne sont pas non plus du goût des Thaïlandais qui depuis quelques mois refusent de leur vendre des matériaux de construction.
"Maintenant, si on veut réparer notre maison ou se construire un petit abri, on est obligé de traverser le mont pour aller se procurer du matériel au chef-lieu de la province !", peste une vendeuse.
Des infrastructures absentes
Pas d'eau potable, pas de centre de soins, pas d'école : le bilan est maigre. Celle que tous appellent "la maman du petit Kim" a débarqué avec les siens au pied du temple du XIIIe siècle dès qu'elle a entendu parler de la réouverture du poste-frontière, en 2000. Elle explique qu'elle a dû se séparer de ses enfants. "Pas d'eau potable, pas d'enseignants, et des risques de malaria en plus ! Ils ne peuvent pas rester avec moi."
Dès qu'un problème de santé survient, tous se tournent vers le voisin. Des ambulances thaïlandaises, bien au fait de la situation, sont d'ailleurs toujours postées de l'autre côté de la frontière... Mais rien que pour le transport, il leur en coûte déjà 1 000 bahts (32 dollars). "Et si les Thaïs ne sont pas de bonne humeur, ils ferment sans prévenir la frontière, sans se soucier qu'on puisse avoir besoin d'être soigné en urgence !", tempête cette vendeuse.
Le commerce, seul espoir
La majorité des villageois vendent tout et n'importe quoi aux touristes, qui arrivent pour l'essentiel par la Thaïlande. Des souvenirs, pour moitié eux aussi importés de Thaïlande, des cigarettes, des bijoux, de l'alcool jusqu’aux produits de la forêt.
"Les touristes ne mettent guère les pieds dans notre marché, se plaint Ta Onn, le représentant de la communauté. Cela dit, il n'y a rien d'étonnant vu que les autorités thaïlandaises déconseillent à leurs compatriotes – les plus nombreux parmi les visiteurs – d'acheter nos produits. Elles l'ont écrit sur une pancarte, et maintenant elles le répètent continuellement dans un micro ! Elles disent que ce que nous vendons n'est pas de bonne qualité, que de vulgaires contrefaçons !"
Soutien tacite des autorités
Ces installations sauvages du côté cambodgien de la frontière n'ont pas reçu le feu vert des autorités. Cependant, à ce jour, il n'a jamais été question d'expulser ces gens. "C'est bien que ce territoire soit habité, ces villageois protègent notre territoire du voisin thaï dont nous connaissons les velléités expansionnistes. Régulièrement, ils essaient d'avancer leurs positions !", estime Ros Heng, responsable du poste-frontière côté cambodgien.
Depuis que les échanges ont officiellement repris en 2000, le poste-frontière de Preah Vihear a été fermé plus de trois fois. En 2003, en réaction aux manifestations antithaïlandaises à Phnom Penh, les Thaïlandais ont fermé le poste pendant un an. Le petit marché jouxtant le temple avait dû fermer faute de clients. Les commerçants n'avaient malgré tout pas abandonné le site, et des distributions de riz organisées par l'ancien gouverneur de Phnom Penh leur avaient permis de survivre. Il leur avait promis de les soutenir ainsi pendant cinq ans s'ils acceptaient de rester.
"A chaque fois que les Thaïs ferment le poste-frontière, on voit de leurs soldats, en uniforme noir et armés, être déployés. Ils observent. Mais on n'a pas peur ! On est prêt à défendre notre territoire avec nos militaires ! A coup sûr, sans notre présence, les Thaïs essaieraient d'empiéter sur notre territoire", clame une voisine de Ta Onn, une vieille femme qui a fait du nationalisme sa raison de vivre. |
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